Il y a des questions qu’on croit simples. Et puis on gratte un peu, on creuse, et on se rend compte que la réponse tient plus du mille-feuille administratif que de l’évidence. C’est exactement ce que m’a raconté Didier, un client que j’ai accompagné l’an dernier sur un projet de réaménagement de sa maison secondaire en Bretagne.
Il voulait créer deux petits abris de 5 m² dans son jardin pour ranger d’un côté les outils, de l’autre les vélos et affaires de plage. Une bricole à première vue. Et pourtant, ce petit détail l’a fait plonger dans des semaines de doute et de paperasse…
Alors aujourd’hui, si vous vous demandez si vous pouvez installer deux abris de jardin de 5 m² sans permis, je vais vous dire les choses simplement, sans jargon, avec du vécu. Vous saurez exactement ce que vous avez le droit de faire, ce qu’il vaut mieux éviter, et surtout : comment vous organiser intelligemment pour ne pas perdre de temps.
Deux abris de jardin de 5 m² : ça passe ou pas ?
Techniquement, un abri de jardin de moins de 5 m² n’impose aucune déclaration dans la plupart des cas. C’est ce que tout le monde répète, à juste titre. Mais il y a un “mais”. Et même plusieurs.
Ce que personne ne vous dit assez clairement, c’est que les services d’urbanisme ne comptent pas chaque abri de façon isolée, mais prennent souvent en compte l’ensemble des constructions nouvelles sur votre terrain. En clair : deux abris de 5 m², ça peut être vu comme une surface totale de 10 m², et donc vous pourriez tomber dans le champ d’une déclaration préalable de travaux.
Et ce n’est pas qu’un détail réglementaire. C’est le genre de chose qui, mal anticipée, peut vous coûter une amende, voire un ordre de démolition. Et franchement, personne n’a envie de se retrouver là.
Que dit la loi exactement ? (sans les formules ronflantes)
Je vous fais un résumé clair, parce que j’ai moi-même eu à faire le tri dans des textes interminables.
- Moins de 5 m² par abri, isolé → Aucune formalité, sauf cas particuliers (zone protégée, PLU contraignant, etc.).
- Entre 5 et 20 m² au total (et c’est là que deux abris posent question) → Déclaration préalable obligatoire.
- Plus de 20 m² → Là, on bascule dans le permis de construire.
Mais attention : chaque commune peut adapter ces règles. Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) peut imposer des contraintes supplémentaires. Parfois même sur des cabanes de moins de 5 m², si vous êtes en secteur sauvegardé ou proche d’un bâtiment classé.
Et c’est ce qui est arrivé à Didier, mon client breton. Malgré la petite taille des abris, la mairie lui a demandé une déclaration préalable. Pourquoi ? Parce que le PLU additionnait les surfaces et parce qu’une des cabanes était située à moins de 3 mètres de la limite séparative.
Pourquoi ce sujet mérite votre attention (même pour 5m²)
Quand j’ai rénové notre maison de famille dans la Nièvre, j’avais installé un petit cabanon en bois pour entreposer des outils de jardin. À l’époque, j’étais encore étudiant. Aucun plan, aucune déclaration. Et puis un jour, j’ai vu un courrier glissé dans la boîte : avis de mise en conformité.
Rien de bien méchant, heureusement. J’ai régularisé. Mais j’ai compris ce jour-là que, même pour une simple cabane, l’administration veille au grain. Depuis, j’intègre systématiquement ces questions dans les projets que je pilote.
Et je le dis souvent à mes clients : ce n’est pas une question de surface, c’est une question de stratégie. Installer deux petits abris est parfaitement faisable, mais il faut le penser comme un vrai projet, avec une intention, un respect des règles locales, et parfois un peu d’astuce dans la disposition.
Comment savoir ce que vous avez le droit de faire chez vous ?
Il n’y a qu’une vraie réponse : allez en mairie.
Pas sur un forum, pas dans les commentaires Facebook, mais dans le service urbanisme de votre commune. C’est eux qui détiennent les clés. Et croyez-moi, dans 80 % des cas, ils sont ravis d’aider quand on vient les voir en amont.
Voici ce que je vous recommande :
📌 1. Consultez le PLU
Demandez à voir les règles applicables à votre terrain. Certaines communes interdisent les constructions annexes en façade, d’autres imposent des matériaux précis. D’autres encore limitent la hauteur.
📌 2. Renseignez-vous sur le mode de calcul
Certaines communes additionnent les surfaces, d’autres pas. Certaines incluent l’auvent dans l’emprise au sol, d’autres l’ignorent. Là encore : il n’y a pas de règle nationale universelle.
📌 3. Pensez aux distances
Un abri doit en général respecter une distance de 3 mètres des limites de propriété, sauf accord explicite du voisin. Et attention : un abri collé à une clôture peut créer un conflit inutile. Même si les relations sont bonnes, autant anticiper.

Installer deux abris : bonne ou mauvaise idée ?
Sur le papier, deux abris peuvent sembler plus pratiques qu’un seul plus grand. On peut les placer à deux endroits différents du jardin, optimiser l’usage… et parfois éviter des contraintes esthétiques si on reste sous les 5 m² chacun.
Mais il faut penser global :
- Est-ce que l’ensemble est cohérent avec votre jardin ?
- Allez-vous les poser sur dalle, sur plots, sur gravier ?
- Quel matériau allez-vous choisir ? Bois ? Résine ? Métal ?
- Quelle hauteur ? Quelle couleur ? Quelle orientation ?
Je me souviens d’un projet à Vincennes, dans un petit jardin de ville. On a installé deux abris de 4,5 m² chacun, en bois brut, avec une toiture végétalisée. Leur orientation évitait le vis-à-vis et on a végétalisé les contours. Résultat ? Aucun recours, aucune tension, et un rendu esthétique parfaitement intégré.
Faut-il déclarer « par sécurité » ?
Je vais vous dire ce que je conseille souvent à mes clients : si vous avez un doute, faites une déclaration préalable.
C’est une démarche simple, gratuite dans la plupart des cas, et elle vous évite bien des tracas. Il faut remplir un formulaire, joindre un plan de masse et un croquis, et attendre le délai de réponse (en général un mois).
L’avantage ? Vous êtes officiellement couvert. Et si jamais quelqu’un (voisin, association, agent de la commune) vient contester, vous avez les papiers. C’est une forme de tranquillité qu’on sous-estime.
Les cas particuliers à ne pas négliger
🏛 Zones protégées
Si votre terrain est situé dans un secteur sauvegardé, à proximité d’un monument historique ou dans une zone classée, les règles changent. Même pour un abri de 3 m². Il faut parfois l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France.
🛠 Terrain en copropriété
En lotissement ou en copropriété horizontale, les statuts peuvent interdire ou encadrer les constructions, même petites. Vérifiez le règlement intérieur.
🧾 Taxe d’aménagement
Même un petit abri peut générer une taxe d’aménagement s’il dépasse 5 m². Il ne faut pas confondre démarche administrative et fiscalité. C’est un point à bien vérifier avec votre mairie.
Ce que je vous conseille, en toute simplicité
- Faites un plan : même sommaire. Visualisez l’emplacement, la taille, les usages.
- Allez à la mairie avec ce plan : et posez vos questions. C’est leur rôle.
- Respectez l’environnement : intégrez les abris à votre jardin, avec cohérence.
- N’oubliez pas le voisinage : parfois, un simple coup de fil prévient les malentendus.
- Et surtout : ne bricolez pas dans le dos de la réglementation.
FAQ
Peut-on installer deux abris de 5 m² sans déclaration ?
Parfois oui, parfois non. Cela dépend si votre commune additionne les surfaces ou non, et des règles du PLU. Il faut se renseigner en mairie.
Est-ce qu’un abri démontable échappe aux règles ?
Non. Même un abri sans fondations peut être soumis à déclaration s’il reste durablement en place.
Peut-on éviter la taxe d’aménagement avec deux abris ?
En dessous de 5 m² chacun, la taxe n’est généralement pas due. Mais attention si un seul dépasse cette surface.
Faut-il un architecte pour faire une déclaration préalable ?
Non, c’est une démarche que vous pouvez faire vous-même. Mais vous pouvez aussi vous faire accompagner si vous souhaitez intégrer ces éléments dans un projet plus large d’aménagement.
Dois-je informer mes voisins ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est toujours recommandé. Une simple information peut désamorcer bien des incompréhensions.
Et vous, vous le placeriez où, votre cabanon ?
Près du potager ? En bordure du mur ou sous l’arbre du fond du jardin ? Derrière chaque projet d’abri, il y a une façon de penser son extérieur, de mieux l’habiter. Et c’est exactement ce que j’adore dans ce genre de sujet. C’est souvent une petite boîte… mais avec beaucoup de sens.
Si vous hésitez, je peux vous aider à y voir clair. Ce sont ces petits projets qui révèlent, parfois, les plus belles idées.
